CHRONIQUES INTERNATIONALES - LUXE & PRESTIGE

Photo: Louis Vuitton © prêt à porter de luxe - Collection 2012


Louis Vuitton

Collection Automne / Hiver 2011 - 2012


Avec sa collection Automne/Hiver 2011-2012 pour Louis Vuitton, Marc Jacobs explore le charme mystérieux de la mode et du fétichisme. Le créateur s’en explique : "Le fétichisme a un aspect positif".

C’est une sorte de concentration ou d’obsession inexplicable que l’on voue à quelque chose. Je pense qu’il faut aussi y voir de l’engagement et de la discipline. » Le résultat offre une collection puissante qui évolue à la frontière subtile de la modestie et de la provocation, de la raison et de la folie – une ambigüité qui se manifeste par la juxtaposition de la rigueur du style et de la richesse du détail.

Tout d’abord, le style. Des silhouettes strictes suggérant des corsets, des vestes et des manteaux masculins de style militaire, adoucis par d’amples épaules tombantes et froncés à la taille par une couture manuelle, des chemisiers très sages fermés dans le dos par de rutilants boutons noirs, des tricots sobres rehaussés de cols blancs style Belle de Jour en cuir verni. Le tout dans une palette quasi monochrome de noir, gris, bleu marine et blanc, ci et là émaillée de rubis, d’émeraude et de beige nude.

À l’exception des jodhpurs, allusion à la discipline du dressage ou à l’uniforme militaire, la collection mise sur les jupes et les robes, Marc Jacobs s’inspirant des domestiques françaises et de leurs maîtresses bourgeoises. Le modèle inaugural présente une jupe crayon en crin très fin, révélant la culotte et les bas par-dessous, là où d’autres silhouettes adoptent une forme trapèze plus douce, notamment des jupes garnies de paillettes imitation écailles de python, et une série de robes en crêpe style année 40 très féminines, d’allure guindée, bien qu’on y décèle, à y regarder de plus près, des motifs fétiches de masques, de chaussures et de gants. Ensuite, le détail – preuve d’un attachement artisanal au métier qui traduit, selon les termes de la présentation du défilé, « l’apothéose du fétichisme ». Ainsi, ces motifs de masques, de chaussures et de gants ne sont pas imprimés mais cousus avec minutie dans des sequins finement découpés. Les jodhpurs cités plus haut présentent des pans de cuir cousus à la ma n, tandis que sequins et perles sont rebrodés, également à la main, sur une robe et un manteau.

L’obsession du détail se retrouve dans le traitement innovant et élaboré du tissu : de l’éclat d’une peinture métallisée sur un cuir vernis et un pull en laine Shetland à la dentelle Monogram laquée d’un chemisier, en passant par la combinaison de python rutilant et de cachemire réversible sur une queue-de-pie rouge foncé et par la juxtaposition de fourrure de Mongolie et de guipure caoutchoutée sur la veste portée par Kate Moss lors du final.

Les accessoires du défilé s’en donnent à coeur joie sur le thème du fétichisme. Parmi les créations d’exception, des képis d’officier en douce laine d’agneau et des masques portés dans les cheveux tels des diadèmes nouvelle version. Certains, à l’image des diadèmes, sont recouverts de diamants, tandis que d’autres sont laqués, trempés dans le caoutchouc ou aspergés de peinture métallisée. Les gants en cuir riche accompagnent de nombreux modèles, tandis que les ceintures corsets en cuir cordouan sanglent la taille aussi fermement que les menottes imitation crocodile serrent les poignets. Les chaussures jouent avec deux facettes du fétichisme. Le charme girly des escarpins à bouts ronds est accentué par de délicates lanières nouées qui se transforment en lacets sexy ou en sanglage audacieux sur des boots moulant les jambes. Les talons sont gros et très hauts, les matières visitent toute la gamme, du crocodile au python et du veau au caoutchouc – les bottines en caoutchouc brillant sont exceptionnelles –, et les finitions vernies effet vinyle contrastent avec un style latex mat. L’objet de désir suprême du dé ilé, pas si inconnu, est l’emblématique sac Lockit, créé en 1958 et revisité sous mille et une formes : toile Monogram brillante ou total look laine d’agneau, cuir caoutchouté rehaussé de bandes luisantes, motifs bijou en bouclette Monogram, et nylon avec poignées en résine. En vedette, le cadenas et la clé si caractéristiques du Lockit (quels secrets peut-il donc bien renfermer ?), tandis qu’une menotte rend parfois le sac littéralement inséparable de son propriétaire, comme c’est le cas de la minaudière en or 18 carats ou de la poignée en crocodile avec cadenas et menotte en or blanc garni de diamants pavés.


Info lecteurs: www.louisvuitton.com

 

Photo: Louis Vuitton © prêt à porter de luxe - Collection 2012

 
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