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Photo: Cartier © Passion Joaillière - Haute joaillerie - Luxe


Cartier

Cartier, le duc et la duchesse de Windsor, près de quarante ans de passion



Un couple de légende dont Cartier accompagne l’histoire au fil de créations uniques et de commandes spéciales d’un raffinement inouï. Des bijoux pour dire la fougue et l’élégance des sentiments… La naissance d’un style. Pour elle, Édouard VIII renonce à la couronne d’Angleterre en 1936. Pour elle, il devient le duc de Windsor. Elle, c’est Bessie Wallis née Warfield, successivement divorcée du comte Winfield Spencer et d’Ernest Aldrich Simpson. Il va l’épouser. On parle d’acte le plus romantique du siècle.
Tout au long de leur union, les bijoux et les objets précieux, des plus spectaculaires aux plus intimes signeront entre eux deux un lien de passion délicat et de complicité tendre nourrie d’attentions réciproques.
 
Cartier témoin de la première heure
« David from Wallis. Christmas 1935 », c’est l’inscription qui figure sur l’étui à cigarettes en or rose signé Cartier que Wallis Simpson offre au Prince de Galles pour Noël. Unique, il est gravé de l’itinéraire de leur voyage à travers l’Europe. Toutes les capitales reliées entre elles par un fil d’émail y figurent sous la forme d’une pierre précieuse différente. Ils ne sont pas encore fiancés. C’est l’un des premiers cadeaux Cartier d’une longue série à venir.
Lors de son règne éclair en 1936, le roi dédicace à Wallis deux tirages de l’un de ses portraits officiels encadrés par un double cadre en or de chez Cartier. Il y apparaît sans cravate, photographié sous le même profil que son père dans l’irrespect d’une tradition qui exige que les monarques changent de côté à chaque règne. De lui, on dit qu’il est excentrique. «Toute ma vie, je me suis rebellé contre les règles vestimentaires reflétant les rigides conventions sociales qui régissaient mon univers familial».
D’elle, on dit qu’elle est élégante. « Elle est devenue le comble de l’élégance. Tout Londres s’agglutine autour d’elle, puisqu’elle est la maîtresse et peut-être la future femme du roi… Elle est à coup sûr le personnage public le plus fascinant du moment ». Comme son grand-père à qui l’on doit la phrase « roi des joailliers et joaillier des rois », Édouard VIII est alors un grand client de Cartier, fournisseur officiel de la couronne depuis 1904.

En décembre 1936, peu de temps après son abdication, le duc de Windsor offre à Wallis Simpson sa bague de fiançailles sertie d’une émeraude taille coussin de 20,33 carats réalisée par les ateliers de Cartier Londres. Un an plus tard, ils se marient le 3 juin 1937 en Touraine au château de Candé à Monts. Leurs noces résonnent dans l’opinion comme une victoire de l’amour sur le rigorisme des conventions. Ils échangent ce jour-là leurs alliances en platine de chez Cartier.

Anniversaires, secrets, symboles, messages gravés : un langage amoureux dont la joaillerie Cartier traduit l’intensité
Ensemble, ils passent des commandes très personnelles auprès de Cartier : des bijoux à clé dont ils sont seuls à connaître le sens.
Les initiales « WE » sont l’un de leurs thèmes favoris. En 1937, le duc adresse une lettre à Cartier précisant avec exactitude comme il souhaite voir réaliser ce monogramme qui apparaît notamment sur une broche-pince gravée.
La répétition des initiales « WE » est un jeu de mots, signifiant à la fois we, « nous » et les premières lettres de leurs deux prénoms : Wallis et Édouard, que le duc souhaitait voir enlacées.Ce goût prononcé pour l’intime, l’attention personnalisée prend tout son sens avec l’un des bijoux les plus emblématiques de leur union, un bracelet croix composé d’une chaîne de brillants à laquelle, entre 1934 et 1944, la duchesse attachera neuf croix latines offertes par le duc afin de marquer les petits comme les grands événements de leurs vies.

Neuf croix de platine serties de pierres calibrées : aigue-marine, émeraudes, rubis, saphir jaune, améthyste ou diamants baguette ; toutes datées et signées au revers d’un message personnel, complice et secret, comme « Our marriage Cross Wallis 3-VI-37 » ou « Appendectomy Cross » en référence à l’hospitalisation de la duchesse au Roosevelt Hospital de New York lors de l’été 1944 ou encore « WE are too » qui inaugure leur langage codé, véritable trait d’union entre le duc et la duchesse tout au long de leur union.

De Paris à Cannes, Cartier au fil d’un itinéraire fastueux
Plastron d’émeraudes et de rubis, collier en cabochons de saphir, broche de saphirs, parures de corail, d’émeraudes ou de rubis, nécessaires du soir, face-à-main… Le duc souhaite que son épouse soit la « mieux parée du monde ». Elle le devient! Après la guerre, les Windsor, démis d’obligations protocolaires, s’installent à Paris à l’invitation de la France, fréquentent la haute société et voyagent avec leurs six chiens et plusieurs centaines de malles, entre Paris, Deauville, Cannes, Palm Beach ou Saint-Moritz. Adulés par les journalistes et les  photographes, ils forment le couple le plus médiatisé de la café society par la presse de l’époque.

Naissance du style Windsor
À eux deux, ils inventent un style, lancent les modes. Sobriété des lignes épurées, tailleurs, petits manteaux de brocart, robes à plis plats soulignées de bijoux, colliers de perles, médaillons, broches et gros bracelets pour la duchesse.
Souplesse, aisance et couleurs, tartans et cachemires, col mou, ceinture, tweed à gros carreaux, smoking pour le duc. Elle est alors considérée comme la femme la mieux habillée du monde. De son côté, il demeure encore aujourd’hui, l’homme le plus élégant du XXesiècle.

Bijoux et haute couture, c’est la signature de la duchesse
Ambassadrice de Schiaparelli, Valentino, Balenciaga, Dior, Givenchy, Saint Laurent, Jacques Fath, Pucci, elle impose un look plébiscité par le Tout-Paris chaque fois qu’elle apparaît publiquement aux cotés du duc. Photographiée lors du bal de l’Orangerie au château de Versailles en 1953, elle porte un collier draperie de turquoises et d’améthystes créé par Cartier en 1947.

La panthère entre en scène
C’est sur les conseils avisés de Jeanne Toussaint, responsable de la Haute Joaillerie Cartier, que la duchesse acquiert en 1948 la première représentation de la panthère figurative en or et émail noir montée en broche sur une émeraude cabochon de 90 carats. C’est sa première panthère. Un an plus tard, elle acquiert une broche panthère en platine dressée sur un saphir cabochon de 152,35 carats. Jeanne Toussaint possède alors son salon chez Cartier, pièce à part au premier étage de la rue de la Paix où se croise l’élite des élégances dont elle devient la conseillère et qui l’apprécie pour son goût unique baptisé « le goût Toussaint ».
Le duc et la duchesse de Windsor appartiennent au clan des initiés, reçus par Jeanne Toussaint dans son étonnant appartement de la place d’Iéna que Sir Cecil Beaton célèbre en ces termes : «Une sensibilité d’artiste, la passion d’un collectionneur s’y sont unis pour donner un résultat hautement intellectuel».

Plus tard, conquise par le bestiaire Cartier, Wallis fait réaliser par Cartier une broche-pince tête de carlin, à l’effigie de leur animal fétiche, à elle et au duc, en or, émail et citrine. En vingt ans, Wallis enrichira sa collection animalière de broches, bracelets, colliers, faces-à-main, bijoux à l’emblème de félins et de ravissantes broches oiseaux. Ainsi, une perle blister deviendra tête de canard sur une broche, montée en épingle… Pour elle, Jeanne Toussaint créera la fameuse broche flamant.
En 1956, la duchesse fait réaliser chez Cartier une broche tigre articulée, pavée de brillants jonquille et d’onyx sur monture d’or jaune. « Ce sera, dit-elle, mon dernier caprice, approuvé par Édouard, qui est si heureux de me l’offrir ».

Des bijoux intemporels
Le 28 mai 1972, le duc décède. Wallis se désintéresse alors totalement de ce qu’elle appelait avec une pointe d’ironie parfois « l’art de la parure, sinon l’art de paraître ».
Wallis disparaît à son tour en 1986. Ses nombreux bijoux sont mis en vente par Sotheby’s en 1987. Ils lui serviront, écrit Charles Higham, l’auteur de sa biographie, de « monument funéraire ».
Cartier, lors de cette vente historique acquiert, cinquante ans après leur création, certains de ces bijoux de légende. Mieux que tout autre, ils reflètent un style, une époque, une audace créative en joaillerie et témoignent de la très féconde rencontre du joaillier Cartier avec ce couple mythique. Ces pièces de haute joaillerie font donc aujourd’hui partie des plus touchantes parures de la collection Cartier et les plus célèbres d’entre elles ont fait l’objet d’expositions dans les plus grands musées du monde. La dernière en date, la broche flamant est acquise par Cartier en 2010 à Londres. Réalisée avec la collaboration de Jeanne Toussaint, le flamant se dresse au repos, une jambe repliée, illuminé d’un plumage en saphirs, rubis, émeraudes calibrées. Une interprétation chromatique audacieuse du flamant rose, dictée par le choix des pierres apportées par le couple.

Vigueur, sens du mouvement, galbe du plumage, effet plastique incroyable sont le reflet de la virtuosité des artisans Cartier qui saisissent en volume la subtilité du dessin Maison conçu à l’époque par le célèbre Peter Lemarchand.

 
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