Si chacun sait qu’en matière de gestion d’actifs, prévoir à long terme et anticiper les marchés sont deux règles fondamentales ; cette étude du cabinet international PricewaterhouseCoopers, risque bien de faire référence. En effet, le département « intelligence économique » publie les conclusions de son étude "Le Monde en 2050". Cette enquête s’appuie sur les analyses et projections macro-économiques de 30 pays, couvrant 85% du PIB mondial en 2006. D’ici à 2050, l’équilibre économique mondial va connaître des bouleversements majeurs.
2025: La Chine, première puissance économique mondiale Selon les projections de PIB, la Chine deviendra la première puissance économique à partir de 2025. À l'horizon 2050, l’économie mondiale serait dominée par trois grandes puissances que seront dans l’ordre la Chine, les états-Unis et l’Inde. Le PIB de la Chine représenterait alors 130% du PIB américain, celui de l’Inde près de 90%. À titre de comparaison, la France représenterait 14% de l’économie américaine, contre 17% actuellement pour une croissance de 2%. Le centre de gravité du monde économique se déplacera inexorablement vers la Chine et l’Inde, mais pas seulement. D’autres marchés émergents vont jouer un rôle majeur. Le rééquilibrage des moteurs de la croissance mondiale est beaucoup plus large et complexe qu’on ne l’a supposé jusqu’à présent.
2050: Au-delà des BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine), il faudra compter avec les nouveaux pays émergents L’étude permet d’apporter une vision plus fine et hétérogène du groupe dit des "BRIC". Dans ce groupe, nous devons en effet distinguer la Chine et la Russie dont les taux de croissance devraient ralentir dans les prochaines 40 années en passant respectivement de 9,2% et 4,6% en 2007 à 2,8% et 1,2% en 2050. Ce ralentissement de croissance est directement lié au vieillissement de leur population (politique de l’enfant unique pour la Chine). Ce phénomène impacte la population active de ces pays. La Chine connaîtra une baisse de 0,4% de sa population active et la Russie, une baisse de 1% par an en moyenne sur la période 2006-2050. À l’inverse, les jeunes pays que sont l’Inde, l’Indonésie, le Brésil, la Turquie et le Mexique connaîtront une croissance de leur population active. En 2050, les PIB du Mexique, de l’Indonésie et de la Turquie dépasseraient celui de chacun des pays européens. Les 7 pays émergents que sont les BRIC, le Mexique, l’Indonésie et la Turquie devraient ensemble dépasser de plus de 50% la taille des économies du G7 en 2050. Le pouvoir d’achat moyen d’un Chinois, d’un Brésilien, ou d’un Turc serait équivalent à celui d’un français aujourd’hui. En termes de taux de croissance, d’autres marchés vont jouer un rôle moteur. Le Vietnam en particulier afficherait à l'horizon 2050 une croissance de 9,8% et serait susceptible d’atteindre le PIB italien. Le Nigéria disposerait du potentiel pour dépasser l’économie de l’Afrique du Sud, et ainsi devenir la plus importante économie africaine en 2050. Les Philippines, l’Egypte et le Bengladesh ont également un fort potentiel de croissance, avec toutefois des niveaux de risque élevés.
G7: quelles opportunités pour nos économies? À l'horizon 2050, les pays du G7 (états-Unis, Japon, Allemagne, Royaume-Uni, France, Italie et Canada) afficheraient une croissance de 2%, contre 6,4% pour le groupe des 7 pays émergents. Le défi pour les économies occidentales et l’Europe en particulier est de se positionner dès à présent sur les secteurs porteurs et d’adopter les bonnes stratégies de développement et d’investissement pour rester dans la course. Parmi les secteurs porteurs, la distribution est un des secteurs les mieux placés pour tirer son épingle du jeu. Les distributeurs pourraient en effet bénéficier à la fois des nouveaux foyers de consommation des pays émergents en même temps que des faibles coûts de production locaux pour importer vers les marchés occidentaux. La Chine, en particulier, sera le deuxième foyer de consommation au monde d’ici 2020. Dès à présent, à travers l’ensemble des marchés émergents, de Shanghai à Mexico City, en passant par Mumbai, Ankara et le Caire, des classes moyennes se constituent avec un pouvoir d’achat croissant et une volonté de consommer des biens et services occidentaux à forte notoriété internationale. Les secteurs des services, de l’énergie et des infrastructures, de la santé, de l’éducation, des médias et l’ensemble des grandes marques internationales sont, en principe, bien placés pour bénéficier de la croissance rapide des marchés émergents. Ceci à condition d’identifier et d’exécuter des stratégies adaptées, et de prendre en compte la concurrence domestique susceptible de devenir de plus en plus intense dans ces marchés. À l’inverse, du côté des perdants potentiels, les fabricants de produits de masse seront de plus en plus concurrencés par les nouveaux centres de production à bas coûts, tel que le Vietnam. La Chine cherchera dans le même temps à se spécialiser dans des technologies plus sophistiquées. Enfin, la gestion des ressources mondiales d’énergie sera de loin l’enjeu majeur lié à la croissance des pays émergents. Par ailleurs, les acteurs dépendants de l’énergie devront faire face à un contexte de plus en plus difficile. À la veille d’une Présidence de l’Union Européenne où la performance économique et la compétitivité des entreprises européennes seront au cœur des débats, ces projections sont autant d’indicateurs pour les dirigeants et les gouvernements actuels pour faire les bons choix d’investissements et de soutien.
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