CHRONIQUES INTERNATIONALES - LUXE & PRESTIGE

Photo: Louis Vuitton © - Collection 2012 - Mode - Luxe


Louis Vuitton

Collection Femmes Printemps / Eté 2012


Le manège de la mode parisienne s’est imposé comme thème et scène de la collection printemps/été 2012 créée par Marc Jacobs pour Louis Vuitton. Alors que les modèles descendaient une par une d’un manège immaculé aux chevaux fringants, il est apparu clairement que Louis Vuitton avait fait halte cette saison dans un lieu « de plaisir à l’état pur, de douceur, de joie de vivre et d’amour », comme on a pu le lire dans les notes d’accompagnement du défilé.

À de nombreux égards, la collection printemps/été offre une image inversée de la collection automne/hiver. Au lieu du fétichisme vient la féminité, à la place du marine et du noir s’imposent de douces couleurs sorbet. Plutôt que des silhouettes strictes, des crinolines aux formes généreuses et des plumes virevoltantes. À la base de la collection persiste toutefois cette même construction rigoureuse et ce travail de couture complexe, qui atteint de nouveaux sommets cette saison.

Emblématique dans la vie d’une femme, la broderie anglaise bénéficie d’une présence constante dans toute la collection : de la silhouette d’ouverture, blanc sur blanc, composée d’une simple robe tube enroulée dans un organza aérien, à la robe baby-doll brodée de sequins et de plumes d’autruche portée par Kate Moss en clôture du défilé. Entre ces deux extrêmes, elle est interprétée de nombreuses manières différentes : coupée au laser et enveloppée de cellophane soyeuse sur une jupe sage au genou accompagnée d’un chemisier en coton du rose le plus pâle, réinterprétée dans du cuir papier orné de clous et de pierres sur une jupe et un haut, déclinée en noir sur une jupe et un perfecto en coton, ou encore parée de strass, de clous et de fleurs en 3D surdimensionnées sur une série de robes tubes élégantes, tout en légèreté pastel dans des teintes barbe-à-papa. La broderie anglaise est également présente dans les cols en organza de soie qui rappellent les versions en cuir verni de la collection automne/hiver, mais aussi par touches, par exemple sur une combinaison à motif Argyle bleu ciel, avec des diamants dessinés en dentelle.

À de nombreuses reprises, la collection repense les classiques de la garde-robe masculine avec une sensibilité féminine haute couture. Les blousons de motard sont soigneusement coupés dans un crocodile poudré, un balmacaan à carreaux Prince de Galles est orné de broderie anglaise et les tricots militaires caractéristiques de la première collection de Marc Jacobs pour Louis Vuitton sont proposés en cachemire pastel avec des empiècements de broderie anglaise. Tout au long de la collection, les formes sont tendrement arrondies, dans la courbe d’une manche ou la crinoline d’une jupe, tandis qu’un soin infini est apporté aux moindres détails, même les plus invisibles, comme dans cet ensemble en tweed nylon et coton doublé de satin duchesse.

Les accessoires restent dans cet esprit de changement dans la continuité, à l’image des masques bandeaux de la saison dernière qui deviennent des tiares et des menottes qui reviennent sous la forme d’esclaves tintant au son de minuscules clochettes. L’or typique de Louis Vuitton est remplacé par un argent brillant et clair, par exemple sur les colliers à breloques ornés de talismans personnels (une plume, une clochette ou un cristal de roche). Pour rester dans cette ambiance féminine, plusieurs modèles portaient de délicates ombrelles d’organza brodées. Une autre a abandonné derrière elle, en descendant de son cheval, la plus luxueuse des couvertures, 100 % vison, frappée du motif Monogram.

Les chaussures de la collection poursuivent sur ce thème doux et romantique, avec des brides pastel bicolores, des panneaux transparents et de minuscules boutons rappelant leurs homologues hors normes du prêt-à-porter. Elles proposent un contraste subtil grâce à des pointes effilées, parfois revêtues de bouts métalliques argentés. Les mules à talons hauts et droits constituent le style dominant et sont proposées dans un éventail de textures allant du daim au cuir verni en passant par le crocodile, tandis que les escarpins aux contours épurés affichent une féminité luxueuse en crocodile pâle ou cuir de veau élégant.

Pour la saison printemps/été 2012, le sac Lockit, véritable star de la saison dernière, est rejoint sous les feux des projecteurs par le Speedy, tout aussi légendaire. Tous deux sont réinterprétés dans l’esprit délicat et aérien de la collection, le Lockit en voile de nylon ultrafin, qui laisse entrevoir un plus petit sac en toile Monogram à l’intérieur, et le Speedy en denim délavé brodé de fil d’argent, en crocodile poudré ou givré. De modestes paniers sont élevés au rang d’accessoires de luxe dans un cuir métallisé embossé et perforé mais l’objet ultime du désir est une délicate minaudière, dont la mosaïque Monogram a été méticuleusement assemblée pendant 600 heures à partir de 12.500 fragments de coquilles d’œufs. Une belle métaphore du soin et du savoir-faire nécessaires pour cette collection.

 

Photo: Louis Vuitton © - Collection 2012 - Mode - Luxe

 
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