ART & CULTURE - LUXE & PRESTIGE

Photo: Haute Joaillerie - Histoire - Cartier ©


Cartier

La Belle Époque ou le style guirlande


Alors que la plupart des joailliers explorent et développent le style Art Nouveau, Louis Cartier choisit de s’intéresser aux motifs du XVIIIe siècle et, délaissant l’inspiration naturaliste, il se tourne vers des structures linéaires simples, originales et fortes.
 
La dentelle, la passementerie, mais aussi la ferronnerie d’art ou les grilles islamiques sont pour lui de nouvelles sources d’inspiration, autant de prétextes pour innover et mettre le diamant en majesté. Pour tirer le meilleur parti de sa lumière et de son éclat, il travaille à la réalisation de montures plus légères, plus fines, plus aérées et c’est avec une certaine audace qu’il introduit le platine en joaillerie, un matériau plus résistant que l’argent et l’or utilisés jusque-là, inaltérable, mais aussi plus lumineux.
 
Le platine permettait de fabriquer des montures et des sertissures aussi minces que solides, voire quasi invisibles. Cette discrétion de l’armature du bijou assurait aux diamants l’intégralité de leur éclat, ce qui n’était le cas ni de l’argent ni de l’or. Dès les années 1860, Cartier était déjà apparu comme un pionnier dans l’usage du platine. La finesse du platine donne lieu chez Cartier à des parures d’une grande virtuosité d’exécution, en particulier celles qui créent un effet résille, comme l’impressionnant collier exécuté pour une célèbre courtisane, la Belle Otéro, en 1903, inspiré du grand collier dit « de la reine », à l’origine du scandale qui éclaboussera Marie-Antoinette. Ces architectures légères et aériennes répondent aux constructions de métal des ingénieurs-architectes, parmi lesquels le plus célèbre, Gustave Eiffel, avait fait sensation en érigeant à Paris la plus haute tour du monde pour l’Exposition Universelle de 1889. Afin de qualifier la délicatesse du platine en joaillerie, Louis Cartier avait coutume de parler de « broderie ». L’un de ses plus saisissants effets, il est vrai, était de donner l’impression qu’on avait cousu les diamants des broches1 à même les robes, déjà richement brodées et ornées de dentelle.
 
C’est une profusion de fleurs blanches, diadèmes, devants de corsages ou colliers, comme ces ornements de têtes, à motifs de rosaces2 ou de rinceaux de 1905 et 1910 ou encore ce devant de corsage de 19063 à motif de lys, dont les pistils des fleurs sont ornés de minuscules diamants. Grâce à l’articulation des deux branches autour du diamant central, on le portait plus ou moins écarté selon son gré.
 
Entre 1900 et 1914, le style guirlande est une création majeure de la Maison Cartier et c’est par son rayonnement que la réputation de la Maison va se construire aux quatre coins du monde4. Louis et ses frères, Pierre et Jacques, vont ainsi créer une succursale à Londres en 1902 puis à New York en 1909. En 10 ans, Cartier acquiert une réputation unique, couronnée par l’obtention de brevets et l’obtention de fournisseur officiel de nombreuses cours royales.

1. Broche nœud
Cartier Paris, 1907
Platine, diamants ronds taille ancienne et rose. Cette broche est pourvue d’une épingle qui peut se dévisser, probablement pour la porter cousue sur du velours en collier de chien. Dans chacune des trois pendeloques, les diamants de taille croissante, en chute, sont mobiles.

2. Diadème Rinceaux
Cartier Paris, 1910
Platine, un diamant de forme coussin, diamants ronds taille ancienne, serti millegrain
Provenance : Elisabeth, reine des Belges

(4) Elisabeth, reine des Belges (1875-1965)
La reine des Belges, portant un diadème en diamants et platine de style guirlande créé spécialement pour elle par Cartier en 1910.

3. Devant de corsage lys
Cartier Paris, commande de 1906
Platine, diamants ronds taille ancienne et rose, serti millegrain.
L’exécution de ce chef-d’œuvre de style guirlande est remarquable jusque dans ses moindres détails. Le sertissage sur les surfaces courbes permet un rendu en trois dimensions. Les pistils des fleurs sont ornés de minuscules diamants en serti millegrain. Grâce à l’articulation des deux branches autour du diamant central, le devant de corsage se portait plus ou moins écarté selon sa convenance.

Provenance : Mrs. Richard Scott Townsend qui le transmit à Mrs. Donald McElroy (née Thora Ronalds). Mary Scott Townsend était un membre éminent de la haute société de Washington au tournant des XIXe  et XXe  siècles. Sa petite-nièce, Thora Ronalds McElroy (1907-1990), était quant à elle l’héritière des Scott-Strong, magnats du charbon et des chemins de fer.

 

Photo: Haute Joaillerie - Histoire - Cartier ©

 
Reportages - Art & Culture - Mise en ligne par PrestigeGuide : Le Luxe & le Prestige en Belgique << Page précédente
PLAN DU SITE I PROFESSIONNELS I ANNONCEURS I CONTACTER LA TEAM l JOBS l MENTIONS LEGALES I ESPACE PROFESSIONNEL