CHRONIQUES INTERNATIONALES - LUXE & PRESTIGE
Voir les auteurs "Magazine Luxe & prestige"
Chopard , Chanel , Omega , MB&F ...
Baselword 2010 (partie 2)

Les complications à l’honneur
On ne pourrait concevoir la foire de Bâle et sa profusion de gardes-temps incroyables sans s’arrêter sur le fleuron de l’horlogerie : les complications. Si le tourbillon reste le plus spectaculaire, les amateurs recherchent désormais tout autant d’autres finesses mécaniques comme la poétique «phase de lune», la méconnue «sonnerie au passage» ou la rare «équation du temps».
Chez Chopard, afin de satisfaire les plus exigeants amateurs de montres compliqués et pour célébrer leur 150ème anniversaire, on dévoile un modèle exceptionnel justement nommé «All in one». L’horlogerie de haut vol s’enrichit d’une nouvelle référence majeure avec le modèle L.U.C 150 « all in one » qui révèle l’expertise de la Manufacture. Cette montre magnifique bat au rythme du nouveau calibre L.U.C 4TQE à remontage manuel, entièrement conçu, développé et produit chez Chopard Manufacture. Ce garde-temps de tous les superlatifs vient couronner le travail exceptionnel réalisé par Chopard Manufacture depuis sa création en 1996.
Certifié chronomètre COSC et estampillé du prestigieux Poinçon de Genève, le calibre L.U.C 4TQE intègre 4 barillets pour une réserve de marche de 7 jours. Il présente les indications heures, minutes, petite seconde sur le tourbillon, quantième perpétuel avec indication 24 heures, jour de la semaine, date à guichet, mois, année bissextile, réserve de marche, indication 24 heures, équation du temps, heure du lever de soleil, heure du coucher de soleil et phase de lune. Intégrant 516 composants et 42 rubis, le calibre L.U.C 4TQE bat à une fréquence de 28 800 alternances/heure. Complication rare, l’équation du temps affiche la différence entre le temps solaire vrai (celui de la nature) et le temps solaire moyen (ou temps civil). L’affichage de cette différence entre le temps « naturel » et le temps « civil » est l’une des complications qu’intègre le nouveau modèle L.U.C 150 « all in one ». Taillé dans l’or gris et étanche à 30 mètres, le boîtier du modèle L.U.C 150 « all in one » affiche un diamètre de 46 mm. Il adopte le nouveau style des modèles L.U.C à complications dévoilé pour les 150 ans de la marque. Finitions «satiné vertical» et cornes polies sur le dessus participent de ce renouveau, à l’image également des aiguilles de forme inédite, des nouvelles polices de caractères et des chiffres romains redessinés qui rehaussent le cadran. Les multiples indications et complications de cette montre à quantième perpétuel, équation du temps et tourbillon sont affichées sur le cadran supérieur ainsi que sur un second cadran côté fond du boîtier. Outre les heures, les minutes et la petite seconde sur le tourbillon à 6h, le cadran supérieur affiche le quantième perpétuel avec l’indication 24 heures et le jour de la semaine à 9h, la grande date à guichet à 12h, le mois et l’année bissextile à 3h. Côté fond, sur une plaque d’or également guillochée, l’équation du temps, la réserve de marche, l’indication jour/nuit sur 24 heures, le lever du soleil, le coucher du soleil et la phase de lune orbitale astronomique révèlent l’image réelle du ballet des astres – calibré sur Genève - et sa traduction mécanique. La nouvelle L.U.C 150 « all in one » est évidemment une série extrêmement limitée et sera disponible à 15 exemplaires en or gris, 15 exemplaires en or rose et 15 exemplaires en or gris sertis de diamants baguette.

Chez Maurice Lacroix, ce sont les «phases de lune» que l’on a décidé de décliner avec la «Phases de Lune Automatique» de la gamme Les Classiques. Ce nouveau modèle est dédié à la lune avec une nouvelle mise en scène de l’indication des phases de Lune. Le nouveau garde-temps voit l’astre des nuits progresser lentement sur une découpe cintrée à 6h. Si certains la considèrent comme la complication horlogère la plus poétique, elle adopte ici un design chic et traditionnel pour révéler son cycle en 29 jours et 12 heures. Mues par le calibre mécanique ML37 à remontage automatique, les lunaisons côtoient les indications des jours de la semaine et des mois sur un disque à 12h et celle de la date par une aiguille centrale. Noir ou argenté, le cadran joue la symétrie et la rigueur. Effleuré par des aiguilles relevées de Superluminova, il privilégie la perfection esthétique pour affiner et mettre en lumière le temps. Le boîtier de 40mm de diamètre, étanche jusqu’à 30 mètres, est disponible en version acier ou bicolore avec une lunette en or jaune 18 carats. Une déclinaison qui se répercute harmonieusement sur l’exécution du cadran, des aiguilles et du bracelet associé. Un modèle féminin habillé de blanc, dont la lunette sertie de diamants ourle délicatement le visage de nacre, vient compléter la collection.
Les modèles féminins peuvent également déceler de véritables trésors de mécanique horlogère car les dames apprécient de plus en plus la complexité et la finesse des mouvements.
Chez Breguet, par exemple, le gracieux modèle «Reine de Naples, 8978» accueille une complication originale la sonnerie au passage. La sonnerie au passage est une grande complication qui permet de faire retentir chaque heure pleine par deux coups répétés trois fois. Elle rappelle d’une manière gracieuse et discrète le temps qui s’écoule. Un poussoir à 2 heures permet d’arrêter cette fonction. Ce nouveau mouvement de forme ovoïde, issu de la Manufacture Breguet, a été conçu spécialement pour la clientèle féminine et conjugue avec élégance la technicité d’une sonnerie au passage et la beauté du mouvement entièrement gravé et décoré à la main. La géométrie des ponts, de la masse oscillante et des décors incarne l’image d’une colombe en plein vol que l’on peut admirer au dos de la montre par un fond en saphir. Un cadran en nacre blanche orne la boîte en or blanc dont la lunette est entièrement sertie de diamants. Les marteaux de sonnerie, entre lesquels un diamant indique l’enclenchement de la sonnerie au passage, sont apparents sur le dessus du cadran à onze heures et une heure.
Pour terminer ce tour du savoir-faire des maîtres-horloger, arrêtons-nous sur le Tourbillon squelette Co-Axial platine d’Omega. Le tourbillon reste le fleuron des complications, le squelletage ne l’en rend que plus impressionnant et lorsque tout cela est réalisé dans un matériau unique tel que le platine, nous sommes en présence d’un véritable joyau.
Ce Tourbillon squelette Co-Axial platine associe la technologie complexe du Tourbillon avec un design éblouissant. Le mouvement a la finition luxe, satiné soleil en nacre - ses ponts et ses mécanismes sont polis à la main. Le rotor avec son disque en saphir a été nouvellement conçu et gravé «Limited Edition» et accompagné du numéro de série. Les aiguilles du Tourbillon central ne peuvent pas être montées sur l’axe central de façon conventionnelle. Elles sont gravées sur les disques en cristal saphir et propulsées vers la périphérie des disques. à la différence d’un atelier classique, un horloger peut passer jusqu’à 540 heures de travail pour créer un Tourbillon squelette. Cela signifie que chaque Tourbillon squelette est unique en son genre – il n’y en a pas deux identiques. Chaque horloger grave ses initiales sur le fond du boîtier pour assurer que toutes les pièces puissent être rendues à l’horloger après avoir été galvanisées. Cerise sur le gâteau, lorsque l’heureux propriétaire de cette pièce la remettra chez Omega pour un entretien, elle sera remise automatiquement à l’horloger qui l’a façonnée ; car qui pourrais être mieux à même de s’en occuper parfaitement ? Mais attention, seules 18 pièces seront produites du Tourbillon squelette Co-Axial ; avis aux riches et rapides amateurs...

Le spectaculaire toujours de mise
Rétrofuturisme. Tel est le credo choisi par Urwerk pour exprimer depuis quinze ans une vision fusionnant savoir-faire horloger et affichage révolutionnaire, le tout baigné d’influences aussi diverses que la série Star Trek, l’électro du groupe allemand Kraftwerk, d’anciens designs automobiles et, incontournable, la fine horlogerie traditionnelle. Dans quelques jours, la marque lèvera officiellement le voile sur l’UR-103 T «Mexican Fireleg» et l’UR-103 T «Shining T», les deux ultimes déclinaisons du modèle 103.

Elles marqueront la fin d’une collection pionnière pour Urwerk puisqu’elle a incarné le passage d’une aventure menée par Felix Baumgartner –maître horloger– et Martin Frei –artiste designer, à l’établissement d’une marque horlogère établie et reconnue.

L’idée de base était audacieuse : ne plus copier le passé mais penser les complications de la Haute Horlogerie du futur ; garder les yeux braqués sur l’avenir en s’appuyant sur une culture horlogère solide.
En 2003, le défi relevé par les fondateurs d’Urwerk était à la mesure de leur inconscience. Leur but : créer en ce début de XXIème siècle, une machine postmoderne à lire le temps. Ce sera la UR-103.  Présentée pour la première fois à Bâle en 2003, la UR-103 est une provocation à l’état pur. Et elle est reçue comme telle.
Détestée ou adorée, elle crée l’intérêt et le scandale. L’intérêt pour une indication du temps non conventionnelle, quatre satellites venant remplacer l’aiguille classique des heures. La lecture du temps se transforme en expérience sensorielle. La dimension artistique de cette création vient bouleverser notre perception temporelle. Plus d’aiguille. Les repères sont faussés et doivent être recréés. Scandaleuse, la UR-103? Oui, également, car pour la première fois, une montre arborant une complication inédite et contemporaine – une heure satellite et un control-board en première mondiale – rivalise avec ses pairs dotés d’un tourbillon ou d’un quantième. L’échelle des valeurs est bousculée.

Aujourd’hui la collection 103 fête son 7ème et dernier anniversaire. En effet, la maison Urwerk en cessera la production dès la fin de l’année 2010. Martin Frei nous dit: « Notre collection 103 entre dans sa septième année de vie. Elle a atteint sa maturité et sa plénitude. Elle a été la première pièce maîtresse d’Urwerk, celle de l’audace et du défi. Elle est jusqu’à présent celle qui à mes yeux symbolise le parfait équilibre entre élégance et technicité. Un équilibre fragile mais que nous avons réussi à préserver. Cette pièce emblématique mérite une fin à la hauteur de sa vie.»

Dans un dernier assaut, la “Tarantula” revit. Une dernière attaque qui prend l’apparence de la « Mexican Fireleg », une UR-103T revenue au stade animal, agressive et venimeuse, racée avec ses marqueurs orange luminescent. Plus pacifique, la UR-103T “Shining T” dévoile sa mécanique : platine en ARCAP P40 ; croix de Genève en titane ; structure orbitale en ARCAP P40 ; satellite des heures en cristal. Une mécanique dont la fluidité du mouvement s’expose. L’évolution de la collection 103 s’arrête ici. Une collection qui de haute lutte a conquis sa place dans les esprits. Révolutionnaire en 2003, elle devient désormais un classique et un classique ne meurt jamais.

Les modèles révolutionnaires ne sont pas l’apanage de la célèbre marque Urwerk mais bien d’un petit groupe de maisons novatrices et téméraires dont MB&F fait sans aucun doute partie. Maximilian Büsser, directeur général de «Harry Winston Timepieces» pendant sept ans, a franchi le pas en juillet 2005 et donné naissance à MB&F – une nouvelle marque, un concept unique, un produit totalement hors normes. Issu de l’esprit des Cabinotiers d’antan, MB&F est un collectif dont les membres, tous indépendants, varient au gré de chaque création. MB&F est tout autant un parcours créatif qu’une aventure humaine, d’ailleurs le nom complet de ce label Maximilian Büsser & Friends en dit long sur l’esprit qui règne au sein de la marque. Le produit est inattendu et totalement hors normes ; il est l’incarnation de valeurs chères au collectif : une Haute Horlogerie d’exception et une inventivité sans retenue qui s’épanouissent largement Horological Machine N°3 Frog.

Les yeux protubérants de la grenouille lui permettent de voir dans de nombreuses directions sans avoir besoin de bouger la tête. Les dômes en forme de coupole de la HM3 Frog présentent la propriété inverse, toute aussi essentielle, d’offrir une consultation aisée de l’heure sous de différents angles, sans être contraint de tourner le poignet. La Frog se distingue de la HM3 sur un point fondamental : les dômes en aluminium pivotent sous les verres saphir alors que, sur la HM3, ce sont les aiguilles des heures et des minutes qui se déplacent autour de leurs cônes respectifs stationnaires.  Pour confectionner des dômes rotatifs d’une dimension aussi imposante et d’une forme aussi particulière, MB&F a dû relever de nombreux défis techniques. Les dômes des heures et des minutes sont réalisés en aluminium massif – un matériau sélectionné pour son rapport optimal entre la résistance et le poids. Les dômes, dont la masse ne dépasse pas 0,5 gramme, sont fraisés en premier lieu à l’extérieur, puis creusés afin de conserver une paroi d’une minceur analogue à celle d’une feuille de papier, à peine 0,28 mm, qui réduit leur besoin en énergie à un minimum absolu.
La fabrication des dômes en verre saphir, qui adoptent la forme d’une demi-sphère, a également posé des difficultés considérables dont la résolution n’est intervenue que très récemment. En effet, la moindre imperfection dans le verre  peut provoquer un désagréable effet d’agrandissement. Il importe donc de façonner et de polir minutieusement le saphir afin d’obtenir une surface et une épaisseur parfaitement uniformes. L’indication inhabituelle de l’heure sur la Frog a requis le développement d’un nouveau rouage pour un motif simple : le dôme des heures en aluminium de la Frog effectue un tour complet en 12 heures alors que l’aiguille des heures de la HM3 accomplit une révolution en 24 heures.
De surcroît, comme la roue surdimensionnée de la date est commandée par les heures, il a été également nécessaire de modifier le mécanisme de date. La HM3 Frog est disponible en titane grade 5 avec un rotor bleui ou dans une édition limitée de 12 pièces avec un boîtier en titane au revêtement PVD noir avec un rotor vert. MB&F ne crée pas seulement des garde-temps, mais des machines qui mesurent le temps : des «Machines Horlogères». Cette subtile nuance a permis de supprimer bien des contraintes autant du point de vue conception que mécanique.

Cette année encore, le Baselworld a rempli sa fonction en nous émerveillant, en nous surprenant, en nous séduisant.  Après un dernier opus difficile, espèrons que cette vague de positivité qui souffle sur le marché dope les créateurs et artisans afin qu’ils nous offrent encore l’an prochain un véritable festival de magnificence horlogère.

 

Voir les auteurs "Magazine Luxe & prestige"

 
Reportages - Communiqués - Mise en ligne par PrestigeGuide : Le Luxe & le Prestige - Chroniques internationales << Page précédente
PLAN DU SITE I PROFESSIONNELS I ANNONCEURS I CONTACTER LA TEAM l JOBS l MENTIONS LEGALES I ESPACE PROFESSIONNEL